Notre homme du GRT, Jérôme, a pris le volant de son sprintcar ASK (kartcross tubulaire, moteur de moto, la bête) sur le circuit de Bellegarde, en France. Une course d’autocross sous le signe de l’aventure.

« Au début, on règle comme on peut en observant les autres catégories et avec les infos glanées chez les filles en Sprint Girl et les Maxi Sprint. » Puis c’est parti.

Première manche d’essais : piste arrosée juste avant la session. Jérôme le sait, son chrono ne sera pas folichon. Mais le plaisir, lui, est bien là. Il place le kartcross exactement où il veut, tout en restant prudent – parce que défoncer la mécanique sur cette piste transformée en « Holiday on Ice », c’est pas le moment. Son seul espoir : que la deuxième manche ne soit pas arrosée elle aussi. La piste est déjà bien dégradée (énormes trous). Son collègue Fernando a même déboîté une roue avant dans l’un d’eux.

Deuxième manche d’essais, piste sèche – enfin ! Jérôme remonte rapidement sur le concurrent devant lui. Problème : les commissaires ne sortent pas le drapeau bleu pendant plus d’un tour. Et là, en pleine curve, pam : une grosse motte de terre sablonneuse en pleine figure. Il n’y voit plus rien, touche le bord, tête-à-queue et reste coincé. Direction bloquée. Remorquage. Bilan : 27e sur 39, mais plus de peur que de mal. La direction était partie en négatif. Finalement, il s’en sort bien grâce à un bon temps au premier tour : 4e ligne de départ avec choix de position pour la première manche de qualification.

« On a un peu remonté l’avant, et le comportement du kart s’améliore incroyablement dans les bosses et les trous. Pensée émue au dépanneur du jour, qui s’est cassé le poignet en tombant du tracteur – on lui envoie du cœur. »

Course de qualification – Manche A : bon départ et bien placé à l’entrée du premier virage. Deux énormes chocs mettent le châssis à terre et réduisent le moteur au silence. Bien secoué, Jérôme rentre aux stands à pied et veut revoir les vidéos pour comprendre ce qui vient de lui arriver. Un pilote n’a pas réussi à freiner et à s’inscrire dans la trajectoire, l’ASK a fait office de tampon… résultat :

un support de tirant de pont explosé, un amortisseur arrière Ohlins TTX (spécialement développé pour ASK) cassé, la rampe d’injection mise hors service par l’amortisseur qui a tapé l’admission, et la liste est encore longue. Petit moment de solitude : 1 heure pour réparer tous ces dégâts, pas d’amortisseur de rechange, l’impasse se profile. Et bien non, la magie de la solidarité et de la persévérance opère. Une nouvelle course contre la montre commence. Olivier Barré de chez EMC, le concurrent de Ohlins, fournit et adapte un amortisseur dans son atelier itinérant. Le Team ASK sort de son stock le reste des pièces, répare l’admission et tout ce qu’il faut. Le moteur démarre au quart de tour, énorme soulagement. Le kart arrive en pré-grille dans les temps.

La suite ? Faute de temps, il va rouler avec un tirant de pont en moins dans les manches suivantes. Il devra composer avec cette faiblesse : pas de départ canon, pas d’accélérateur à fond à la réception d’un bosse ou dans le passage d’un trou.

Manche B : il part 12e et dernier de sa série, termine 10e. Le kart est devenu difficilement contrôlable (deux amortisseurs différents à l’arrière, donc motricité aléatoire), mais il s’en sort bien. Une lueur d’espoir pour aller en demi-finale… Il décide de rester dans ces conditions mécaniques jusqu’à la fin du week-end pour des raisons de coût et de temps. Alors Jérôme ne va pas se plaindre, il peut continuer à rouler. Il va juste chercher à peaufiner la précharge pour se rapprocher au maximum de l’Ohlins TTX.

Petite parenthèse technique (et sympa) : en soirée, il a fallu remplacer l’embrayage d’un collègue, une opération réalisée façon « méthode africaine » – kart soulevé et incliné sur un côté, calé par une colonne de pneus, nettoyage minutieux pour enlever le sable et la terre avant le démontage… 😄 Le moteur, apparemment, venait d’un préparateur… qui a monté deux disques de friction à la suite et deux disques métal à la suite – ça ne pouvait pas durer longtemps…

Troisième manche de qualification : Jérôme doit gagner quatre places au général pour accrocher la demi-finale. Compliqué… mais avec un peu de chance…

Bilan : il est en demi-finale ! Et bien sûr, il part de la dernière ligne. Motivé et toujours conscient de ne pas pouvoir solliciter la mécanique à 100%, il tente quand même la remontée. Parti dernier et après une belle bagarre, il finit 12e/15. Un classement insuffisant pour aller en finale, mais il en ressort avec le sourire jusqu’aux oreilles.

 

Dimanche:

Hier, ce n’était pas une promenade de santé. L’accident a laissé des traces : il y aura du travail à l’atelier (oui, on est au bord de la piste, pas chez le carrossier du coin).

Le live pour suivre les batailles – dans 20 minutes ou une heure, selon les retards des autres catégories :

https://www.youtube.com/live/C8etOtlL308?is=r6H_EJ1QhCA8g2jQ

Et puis soudain, la bonne nouvelle : trois ASK en finale ! La marque plante son drapeau, et nos petits bolides tubulaires font parler la poudre.

Le dénouement (pour nous) :
Jérôme termine 23ᵉ sur 39. Pas un podium, mais une sacrée résilience après les mottes, les trous, l’amortisseur de fortune et la direction partie en vrille.

Classement des ASK en finale (ce qui nous intéresse vraiment, avouez) :

· 5ᵉ – Louis Bouchet
· 7ᵉ – Bruno Gomes Da Silva
· 10ᵉ – Fernando Gomes Da Silva
· 23ᵉ – Jérôme Stettler (notre guascon préféré)
· 35ᵉ – André Jeronimo

Alors oui, on n’a pas gagné. Mais trois ASK dans le top 10, un châssis qui repart soudé comme neuf, et une bonne dose de rigolade mécanique ? On signe. Rendez-vous au prochain épisode – avec un kartcross réparé et le sourire vissé sous le casque.