Pendant que plusieurs membres du Gruyère Racing Team étaient engagés à La Roche – La Berra, Jérôme défendait les couleurs du team sur un tout autre terrain : le championnat français d’Autocross Sprint Car, à l’occasion de la manche SEAC disputée sur le circuit de Verzé, près de Mâcon.
Un circuit qu’il connaît bien et sur lequel il abordait le week-end avec confiance :
« C’est le circuit terre du championnat sur lequel j’ai le plus roulé, aussi bien en course qu’à l’entraînement. »
Le Team ASK était représenté par cinq pilotes : André, Bruno, Fernando, Louis et Jérôme.
Les essais qualificatifs du samedi ne se déroulent cependant pas comme espéré. Lors de la première séance, disputée sur une piste arrosée, Jérôme signe le 32e temps sur 42 concurrents.
« Le pilotage agressif ne payait pas dans ces conditions. »
La deuxième séance se déroule sur le sec et permet une progression logique jusqu’à la 19e place de la session. Malgré cela, le classement combiné le relègue en 33e position.
Rien d’idéal pour aborder les manches, mais l’optimisme reste intact.
« Le tracé, je le connais. La course dans le peloton, j’aime ça. Tout va bien se passer. »
La réalité du terrain va pourtant lui réserver quelques surprises.
Le circuit a profondément évolué sous le passage des autres catégories. Une seule bande de roulage offre réellement de l’adhérence, tandis que les extérieurs ressemblent davantage à un tapis de billes qu’à une trajectoire de dépassement.
Dans la manche A, malgré un bon départ et quelques positions gagnées dans les premiers virages, Jérôme peine à trouver ses repères. Chaque tentative de dépassement à l’extérieur se termine par une perte de l’avant et une sortie de trajectoire. Dans le dernier tour, il laisse même passer son coéquipier Louis, revenu de l’arrière après un tête-à-queue.
Un geste sportif qui lui coûtera peut-être une place précieuse dans la course à la demi-finale.
Comme si cela ne suffisait pas, sa Sprint Car est sélectionnée pour un contrôle technique approfondi à l’arrivée. Le contrôle révèle deux petits dégâts de course : une marche arrière devenue capricieuse et l’extrémité de la tirette du coupe-circuit qui s’est fait la malle sous l’effet des vibrations. Rien d’alarmant, mais impossible de repartir sans réparation.
Heureusement, l’esprit d’équipe ASK n’est jamais loin.
« Chez ASK, il est rare de rester en plan. »
Fernando se charge de remettre la marche arrière en état pendant que Jérôme part à la recherche de la pièce manquante.
La manche B ne permet pas encore d’inverser la tendance. Toujours gêné par ce revêtement atypique, Jérôme ne retrouve pas les sensations qu’il recherche. L’avant refuse de tourner comme il le souhaite, l’arrière ne participe pas aux transferts de masse habituels et le pilotage manque de fluidité.
Pourtant, au fil des tours, quelque chose commence à se débloquer.
Le soir venu, après les vérifications mécaniques d’usage, Jérôme analyse ses vidéos, observe celles de ses coéquipiers les plus rapides et échange longuement avec son épouse Maude ainsi qu’avec sa coach Aurore Louison, toutes deux pilotes expérimentées. Leurs regards extérieurs, combinés à son propre travail d’analyse, l’aident peu à peu à comprendre ce que la piste lui demande.
« Je commence à comprendre ce qui me manque… »
Seul face à sa machine, Jérôme analyse, réfléchit et cherche les réponses. Le sport automobile se joue parfois à pleine vitesse. Parfois aussi dans le silence d’un paddock à la tombée de la nuit.
Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent.
« Sur ce revêtement, il me faut plus de régime moteur à l’entrée des virages, un arrière légèrement plus ferme et arrêter de vouloir emmener trop de vitesse dans les épingles. »
Il ne reste plus qu’à appliquer.
Dimanche matin, l’objectif est clair : remonter six places pour décrocher une qualification en demi-finale.
Le départ de la manche C est compliqué. Un mauvais choix de placement sur la grille lui fait perdre de précieux mètres. Mais cette fois, le rythme est là. Jérôme remonte progressivement et revient sur la huitième place qualificative.
Trop tard malheureusement.
Il franchit la ligne juste derrière le pilote qu’il devait dépasser.
« Je finis encore une fois à deux doigts de la demi-finale. »
Le résultat final laisse forcément quelques regrets. Jérôme termine 33e sur 42 concurrents, conscient d’avoir perdu un temps précieux à comprendre un terrain particulièrement piégeux.
Mais au-delà du classement, ce week-end aura surtout été une leçon d’adaptation, de persévérance et de travail d’analyse.
Et parfois, les week-ends où l’on apprend le plus sont aussi ceux qui préparent les plus belles performances à venir.
Classement Team ASK :
6e Fernando
12e Louis
17e André
26e Bruno
33e Jérôme

