Il y a des week-ends que l’on attend toute l’année.
Pour le Gruyère Racing Team, La Roche – La Berra en fait partie. Et cette édition 2026 nous a offert exactement ce que l’on espérait : trois jours de partage, de passion et de bonne humeur, entre le montage du village GRT, la traditionnelle grillade entre amis et, bien sûr, la course.
La météo a été de la partie du début à la fin et l’ensemble du week-end s’est déroulé dans une ambiance aussi détendue qu’efficace. Évidemment, lorsqu’on réunit plusieurs voitures de course au même endroit, quelques petits soucis mécaniques font partie du décor. Heureusement, rien d’insurmontable.
Hervé: Découvrir une monoplace presque sans expérience préalable
Du côté de notre president, cette édition de La Roche – La Berra marquait le début d’un nouveau chapitre. Après seize saisons passées au volant de sa fidèle Clio, notre président relevait un défi d’une toute autre ampleur avec sa Dallara F3.
La préparation n’a pourtant pas été de tout repos. Deux journées de roulage sur circuit étaient prévues afin de prendre en main la monoplace, mais un problème de démarreur est venu bouleverser les plans. Entre la recherche de la pièce défectueuse et les délais de livraison, le doute a même plané sur sa présence au départ de la course. Finalement, la pièce tant attendue arrive le jeudi, à temps pour sauver le week-end.
Le revers de la médaille est simple : au moment d’aborder les essais de La Roche – La Berra, Hervé ne compte à son actif que… vingt minutes de roulage au volant de sa nouvelle monture.
Autant dire que le stress est bien présent samedi matin.

Après une longue attente sous le soleil due à l’évacuation d’un concurrent immobilisé sur le parcours, il peut enfin prendre le départ de sa première montée d’essais. Les sensations sont intenses, les repères encore flous, mais le plaisir est immense.

Les chronos témoignent d’une progression spectaculaire : 2’15 » lors de la première montée, puis 2’07 » et enfin 2’06 » lors de la troisième. Montée après montée, le pilote apprivoise la monoplace et commence à comprendre son fonctionnement.
Le seul petit souci du samedi concerne la batterie, qui refuse parfois de relancer le moteur pour le retour vers le paddock. Heureusement, quelques membres de la désormais célèbre « compagnie de la pousse » répondent présents et permettent à la Dallara de reprendre vie. Une batterie neuve viendra définitivement régler l’affaire dans l’après-midi.
Dimanche matin, tout est prêt.
Dès la première manche de course, Hervé signe un excellent 2’03″898, poursuivant sa progression entamée la veille.
La deuxième manche laissera pourtant un léger goût d’inachevé. Encore en pleine phase d’apprentissage des automatismes propres à la monoplace, il se déconcentre quelques instants avant le départ et cale le moteur après avoir déjà engagé la cellule de chronométrage. Plus de quatre secondes s’envolent dans l’opération.

La troisième manche connaîtra un scénario similaire, mais malgré quelques secondes perdues au départ, Hervé réalise un superbe 2’01″683, 28ème place scratch au général (NAT).
De quoi nourrir quelques regrets, bien sûr. Sans ces petits incidents, la barrière symbolique des deux minutes semblait largement à portée de main.
Mais l’essentiel est ailleurs. Pour sa première course avec la Dallara, Hervé repart avec une voiture désormais fiable, des sensations exceptionnelles et la confirmation que le potentiel est bien là.
L’apprentissage ne fait que commencer.
La suite est déjà prévue le week-end prochain au slalom de Chamblon.
Yann: Maximiser une voiture qui n’est pas à 100 %
Du côté de Yann et de sa Golf, le week-end a commencé avec quelques interrogations. Après avoir décidé de remonter l’ancien moteur, plus connu et plus fiable que le nouveau bloc encore en phase de développement, les premiers doutes sont apparus dès la mise en route.
À peine le moteur démarré, Yann secoue déjà la tête :
« Ça ne tourne pas comme d’habitude… »
Une impression qui se confirme dès la première montée d’essais. Le diagnostic tombe rapidement : le limiteur intervient environ 500 tours plus tôt que d’habitude. Rien de dramatique, mais suffisamment pour perdre un peu d’allonge dans les portions rapides et obliger le pilote à effectuer au moins un changement de vitesse supplémentaire sur le parcours.
Dans ces conditions, le chrono de référence réalisé l’an dernier paraît soudain beaucoup plus difficile à aller chercher. Cette première montée n’était pas encore disputée à la limite, mais elle permet déjà de comprendre que le week-end demandera du travail et quelques adaptations.

La deuxième montée d’essais apporte tout de même des motifs d’encouragement. Quelques secondes sont gagnées, les réglages progressent et les sensations s’améliorent. Mais une chose devient claire : pour aller chercher un nouveau record personnel, il faudra se battre jusqu’au dernier mètre.
Les chronos parlent d’eux-mêmes : 2’10, puis 2’08 et enfin 2’07 lors des essais. Malgré un moteur moins à l’aise que prévu sur ce tracé, la progression est constante.
Le dimanche matin, Yann aborde les manches de course avec réalisme, mais sans rien lâcher. Les espoirs de battre son record personnel se sont envolés avec les 500 tours/minute perdus en haut du compte-tours, mais lorsqu’un casque se ferme, l’objectif reste toujours le même : aller chercher chaque dixième disponible.
Profitant de la fraîcheur matinale et chaussé de pneus neufs à l’avant, Yann signe dès la première montée un excellent 2’05″896. Un chrono qui confirme que, malgré les limitations du moteur, le pilote et la Golf restent dans le rythme.
La deuxième manche permet encore de progresser. En adaptant davantage son pilotage au manque d’allonge et en exploitant au mieux les qualités du moteur, Yann descend à 2’05″006, son meilleur temps du week-end.
Reste alors une troisième manche qui s’annonce plus compliquée. Avec la hausse des températures, les conditions évoluent. Si l’adhérence de l’asphalte reste relativement stable, le moteur, lui, apprécie beaucoup moins la chaleur. Un phénomène qui se confirme avec un tout de même solide 2’05″702.
Au moment de faire les comptes, l’addition des deux meilleures manches donne un temps total de 4’10″708. Un résultat qui permet à Yann de décrocher une très belle cinquième place dans l’une des catégories les plus relevées de la discipline.
Compte tenu des circonstances, difficile de ne pas saluer la performance. Bravo Yann !
Dylan: Retrouver immédiatement le rythme et battre son record
S’il y a un pilote pour qui l’expression « course à domicile » prend tout son sens, c’est bien Dylan.
Entre La Roche et La Berra, il est chez lui. Au sens propre du terme. Depuis toujours, cette route, son ambiance et les allées et venues des voitures de course font partie de son quotidien. Cette année encore, il était naturellement au rendez-vous.

Le week-end débute avec une Clio remise en ordre après la révision de la boîte de vitesses. Une opération qui aura finalement confirmé une bonne nouvelle : une fois ouverte, la boîte s’est révélée en excellent état et n’avait, à vrai dire, pas grand-chose à se reprocher.
La première montée d’essais se déroule sans histoire… ou presque. De retour sous le gazebo du GRT, un léger nuage de vapeur s’échappe du capot. Rien de très rassurant à première vue, mais Dylan garde son calme. Le diagnostic tombe rapidement et confirme son intuition : une simple fuite de liquide de refroidissement au niveau d’un raccord. Quelques outils, un resserrage en règle et l’affaire est réglée.
La deuxième et la troisieme montée d’essais confirment que le pilote a rapidement retrouvé ses marques. Les automatismes reviennent, la confiance aussi. De quoi aborder sereinement la journée du dimanche avec un train de pneus neufs prêt à être exploité.
Le pari est gagnant.
Dès la première manche de course, Dylan améliore son record personnel avec un excellent 2’11″705. Une performance qui confirme les bonnes sensations aperçues depuis le début du week-end.
La deuxième manche est du même niveau, avec un chrono de 2’11″864. À peine un battement de cils de différence malgré un spectaculaire passage sur deux roues qui aura certainement coûté quelques précieux dixièmes au passage.
Loin de se laisser impressionner, Dylan remet l’ouvrage sur le métier lors de la troisième manche. Alors que beaucoup de concurrents peinent à améliorer leurs performances dans des conditions moins favorables, il parvient à faire encore mieux et signe un superbe 2’11″382.
Un nouveau record personnel à la clé et une dixième place dans une classe particulièrement relevée, la même que celle de Yann.
Un week-end solide, régulier et efficace, à l’image de son pilote.
Yves: Surmonter un souci mécanique et aller chercher son record
Par sa côté, le week-end commence par un petit contretemps mécanique qui aurait pu compliquer les choses.
À l’arrivée de la première montée d’essais, une légère fuite d’huile apparaît au niveau du cache-culbuteurs de sa fidèle 106 rouge. Rien d’alarmant, mais suffisamment pour nécessiter une intervention rapide. Démontage, nettoyage, remontage… et direction la ligne de départ pour la deuxième montée d’essais.
Malheureusement, la réparation ne tient pas ses promesses. La fuite réapparaît, cette fois de l’autre côté du moteur. Connaissant le soin qu’il porte à sa voiture, Yves préfère ne prendre aucun risque. Plutôt que de s’élancer à tout prix, il choisit de renoncer à la deuxième manche d’essais et de retourner tranquillement au paddock afin de résoudre définitivement le problème.
La décision s’avère judicieuse. Une nouvelle garniture, légèrement modifiée, est rapidement trouvée et permet de remettre la voiture en parfait état de fonctionnement.
Dimanche matin, la 106 est prête à reprendre le combat.

Dès la première manche de course, Yves signe un encourageant 2’15″483. Un temps satisfaisant, mais qui laisse entrevoir une marge de progression que le pilote est bien décidé à aller chercher.
La réponse arrive dès la montée suivante. Plus à l’aise, plus incisif, Yves arrête le chronomètre à 2’13″302, améliorant au passage son meilleur temps personnel sur le parcours de près d’une seconde.
La troisième manche confirme le rythme affiché tout au long de la journée. Avec un chrono de 2’13″896, il reste au niveau de ses meilleures performances malgré des conditions moins favorables.
Privé de sa deuxième montée d’essais, Yves n’a finalement disposé que de deux montées pour préparer sa course. Cela ne l’a pourtant pas empêché de signer son meilleur chrono personnel dès la deuxième manche de course.
Une performance d’autant plus remarquable que la petite Peugeot doit souvent composer avec des concurrentes spécialement développées pour la discipline, parfois plus puissantes et plus radicales. Mais ce que la 106 perd en cavalerie pure, elle le compense largement par son agilité, son efficacité et le plaisir qu’elle procure à son pilote.
Un week-end qui récompense autant la persévérance du pilote que la fiabilité retrouvée de sa monture avec un superbe Top 5 de classe en InterSwiss 1401-1600 cm³.
Mais le Gruyère Racing Team, ce n’est pas seulement les pilotes que l’on voit s’élancer sur la ligne de départ.
Derrière les chronos et les voitures, il y a aussi tous ceux qui donnent de leur temps pour que la fête soit complète.
Marco, Mikaël et Gero ont assuré le service au parc fermé. Yann a également participé à sa mise en place. Dylan a prêté main-forte au montage du parcours. Jean-Luc a assuré le rôle de « locomotive », guidant les convois de voitures entre l’arrivée, le paddock et la zone de départ tout au long du week-end, tandis que Mino, Dany et Pauline ont accueilli concurrents et officiels lors des contrôles administratifs.
À La Roche – La Berra, chacun apporte sa pierre à l’édifice, que ce soit derrière un volant, à un poste de travail ou dans l’organisation.
C’est aussi cela qui rend cette course si particulière.
Pendant trois jours, le soleil a été au rendez-vous, les moteurs ont chanté dans la montagne, les grillades ont réuni les amis autour de la même table et chacun a contribué, à sa manière, à faire vivre cette magnifique édition 2026.
Un immense merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux commissaires, à l’assistance pour le boulot de l’ombre, à nos partenaires, et à vous tous qui étiez au bord de la piste pour les encourager !
Pour nous, membres du Gruyère Racing Team, c’est toujours un privilège de vivre cette course de l’intérieur.
Et quel plaisir de pouvoir le faire entourés d’une aussi belle bande de passionnés.
