Ce week-end, le Gruyère Racing Team avait une nouvelle fois des représentants sur deux fronts.
À Turckheim-Trois-Épis, en France, Hervé Villoz poursuivait son apprentissage de la Dallara F302-04 aux côtés d’Yves Bracelli et de sa fidèle 106 GTi. De l’autre côté de la frontière, à Oberhallau, Yann Schorderet retrouvait quant à lui sa Golf II pour une nouvelle manche dans une classe IS 1601-2000 cm³ toujours aussi relevée.
Au final, le bilan est plutôt positif pour les trois pilotes. Les performances de nos deux représentants engagés en France restent toutefois difficiles à situer précisément dans leur contexte, puisqu’ils évoluaient dans le cadre du Trophée des Nations et que les classements officiels complets avec les temps et les positions ne sont pas encore disponibles au moment de rédiger ces lignes.
Mais les chronos, eux, sont bien là. Et surtout, ils racontent déjà une bonne partie de l’histoire.
Quand le ciel décide du programme
À Oberhallau, le week-end commence par un véritable déluge. Un énorme orage s’abat sur la région le vendredi, au point que certaines voitures ne sortiront pas totalement indemnes de l’épisode.
La Golf de Yann, elle, est heureusement à l’abri. Fort de son expérience, notre pilote connaît désormais son petit coin de garage où la voiture peut attendre tranquillement que le ciel se calme.
Le lendemain matin, la brume fait encore partie du décor des premières images de la retransmission en direct. Et très vite, un autre élément va devenir le véritable fil rouge du week-end, en Suisse comme en France : l’attente.
À Oberhallau comme à Turckheim, les horaires vont progressivement prendre une dimension presque théorique, au gré des interruptions, des interventions et des incidents qui ponctuent les montées.
La comparaison entre les deux épreuves devient d’ailleurs assez amusante pour les membres du GRT : en suivant les deux directs presque en parallèle, les interruptions semblent parfois se répondre, avec des drapeaux rouges qui apparaissent presque au même moment et des attentes qui s’allongent des deux côtés de la frontière.
Turckheim : un début de week-end en mode patience
À Turckheim-Trois-Épis, la première montée d’essais du samedi est d’abord l’occasion pour Yves de… ne pas vraiment faire une montée.
Après avoir pris le départ, il se retrouve confronté à un concurrent en panne sur le parcours. La montée est interrompue et Yves doit finalement redescendre, sans avoir pu profiter réellement de ce passage. Une montée d’essais de moins pour prendre ses repères sur les 5,95 kilomètres de cette course de côte alsacienne.
C’est donc Hervé qui ouvre véritablement le bal côté GRT, avec un premier chrono de 3’02.
La deuxième montée permet enfin aux deux pilotes de reprendre leurs marques. Hervé améliore en 2’54, tandis qu’Yves signe un 3’27, un temps qui commence à laisser entrevoir le potentiel de la petite 106.
Le dimanche, les choses commencent à devenir sérieuses.
Pour sa première montée de course, Yves réalise 3’26, tandis qu’Hervé signe un 2’53.
Et pour le président du GRT, cette montée est aussi l’occasion d’un petit moment qui mérite d’être vu plutôt que raconté. Nous vous proposons donc également la caméra embarquée de la Dallara : un passage où l’on peut apprécier la précision des trajectoires et surtout un joli rattrapage d’Hervé, qui parvient à conserver la F3 exactement là où il le souhaite.
Avec des slicks bien en température et une voiture qui n’est pas précisément réputée pour pardonner les hésitations, garder une F3 sur la trajectoire après un mouvement un peu vif n’est pas forcément le genre de chose que l’on fait les yeux fermés !
La deuxième montée du dimanche arrivera, elle aussi, après une attente interminable. Yves ne prendra finalement le départ qu’à 18h10, après une nouvelle interruption liée notamment au remplacement d’une glissière de sécurité.
Mais l’attente n’aura pas complètement cassé le rythme.
Yves améliore encore et signe 3’23, tandis qu’Hervé poursuit son escalade des chronos avec un nouveau meilleur temps en 2’52.
Une progression qui, une fois encore, montre que les kilomètres accumulés au volant de la Dallara commencent à porter leurs fruits.
Oberhallau : Yann au milieu d’une meute particulièrement dense
Pendant ce temps, à Oberhallau, Yann et sa Golf doivent eux aussi composer avec un week-end où la patience sera mise à rude épreuve.
Mais une fois la voiture enfin lâchée sur la montée, notre pilote réalise une très belle performance dans une classe particulièrement fournie, avec 29 concurrents au départ.
Dès la première montée de course, Yann signe un chrono qui lui permet d’égaler pratiquement son meilleur temps personnel réalisé l’année précédente.
(Photo: Peter Hartmann – myrally.ch)
La deuxième montée est légèrement moins rapide, mais l’ensemble reste suffisamment solide pour lui permettre de terminer à une très belle 11e place de classe.
Une onzième place qui, dans une catégorie réunissant pas moins de 29 concurrents, est loin d’être anodine. Au contraire : il fallait déjà réussir à se frayer un chemin dans un peloton particulièrement relevé et homogène.
La Golf confirme donc une nouvelle fois sa régularité, et Yann peut rentrer à la maison avec le sentiment d’avoir réalisé un week-end particulièrement solide.

(Photo: Peter Hartmann – myrally.ch)
Beaucoup d’attente, mais aussi de belles satisfactions
Au final, ce week-end aura donc été placé sous le signe de la patience.
À Oberhallau comme à Turckheim, les pilotes ont passé probablement davantage de temps à attendre leur tour qu’ils ne l’auraient souhaité. Le point culminant aura sans doute été atteint à Turckheim, où Hervé ne prendra finalement le départ de sa deuxième montée du dimanche qu’aux alentours de 18h30, après une journée commencée bien plus tôt.
Mais derrière ces longues attentes, les trois pilotes du GRT ont tout de même trouvé de quoi sourire.
Yann signe une excellente 11e place sur 29 à Oberhallau, Yves continue de faire progresser sa 106 au fil des montées à Turckheim et Hervé poursuit son apprentissage de la Dallara avec des chronos qui, passage après passage, continuent de descendre.
Les classements complets du Trophée des Nations permettront peut-être d’affiner le bilan sportif des deux pilotes engagés en France. En attendant, les chronos et les images racontent déjà quelque chose d’assez clair : même lorsqu’il faut attendre des heures pour quelques minutes de course, les pilotes du GRT savent encore trouver quelques secondes de plaisir derrière le volant.



